Ressources pédagogiques en ligne sur l’art moderne


Pour se préparer à la visite


  1. Bien connaître ses « ismes » en art (convient à tous les niveaux)
    Les salles d’art moderne du Musée des beaux-arts de Montréal offrent une bonne représentation des principaux mouvements artistiques depuis le tournant du siècle dernier. Nous vous invitons à revoir avec vos élèves quelques-uns de ces grands mouvements en peinture : impressionnisme, postimpressionnisme, nabisme, fauvisme et cubisme. Vous pourriez, par exemple, les faire travailler en groupes à un projet de recherche sur un style de peinture en particulier et leur demander d’exécuter des peintures dans le style assigné. Voici quelques définitions de divers mouvements en « ismes » susceptibles de vous aider.

    Impressionnisme : Le but principal des peintres impressionnistes était de montrer, en utilisant la couleur, les subtiles variations atmosphériques au fil des heures et des jours, de même que les changements du temps et des saisons. Ces artistes, qui travaillaient directement en plein air, s’intéressaient surtout à la lumière et à ses effets sur la couleur et la forme. Pour faire baigner leurs tableaux dans la lumière, les peintres impressionnistes comme Monet et Renoir utilisaient volontiers de multiples teintes rendues par une multitude de coups de pinceaux.

    Postimpressionnisme : Il ne s’agit pas d’un style, mais bien d’une combinaison de styles, où l’on retrouve des artistes aussi différents que Paul Cézanne et Vincent Van Gogh. Malgré leurs différences, il reste que ces artistes partagent certains points tels que l’importance accordée au plan du tableau et la distance prise par rapport à l’impressionnisme. L’intérêt porté à la structure et à l’organisation du plan pictural est particulièrement évident dans l’œuvre de Cézanne. Bien qu’il se soit beaucoup intéressé à la palette impressionniste, Cézanne a utilisé la couleur comme élément de composition de la structure de sa peinture. En étudiant attentivement la nature, il a mis l’accent sur la forme picturale plutôt que sur la description détaillée du monde naturel.

    Nabisme : Le mouvement des nabis, mot qui signifie « prophètes » en hébreu et en arabe, rassemble un groupe de peintres qui rejetaient la formation académique et le style naturaliste. Sous l’influence de Paul Gauguin, ils cherchaient à synthétiser la forme en faisant largement appel à leur imagination. Les peintures des nabis sont généralement à petite échelle ; l’accent est souvent mis sur la qualité des motifs et de l’ornementation ; leur composition peut sembler plus simple qu’elle ne l’est ; les couleurs utilisées sont appliquées en aplat ; on retrouve souvent des contours appuyés. L’artiste Maurice Denis a été l’un des protagonistes du groupe des nabis.

    Cubisme : S’inspirant du traitement abstrait par Cézanne du volume et de l’espace, des artistes tels que Pablo Picasso et Georges Braque ont poussé encore plus loin la démarche. Ils ont abandonné la perspective traditionnelle dans leurs œuvres, dont la palette est souvent limitée, et ont fragmenté leurs sujets de manière que le résultat final ressemble à un assemblage de plans et d’angles emboîtés. En fusionnant volume et espace, et en intégrant de multiples perspectives avec une approche rationnelle et systématique, les peintres cubistes ont ébranlé les façons traditionnelles de rendre l’espace et la forme.

    Fauvisme : Les fauves, dans le sillage d’Henri Matisse, s’intéressaient tout
    particulièrement aux couleurs vives et non naturelles, et aux motifs audacieux. En représentant leur environnement avec émotions et instinct, ces artistes ont simplifié les objets, les personnes et les paysages qu’ils ont peints, et les ont rendus dans un espace décoratif aplati. Le terme « fauve » a été utilisé par un critique qui a été choqué par la violence des couleurs dans la première exposition de ce groupe d’artistes. Albert Marquet, Maurice Vlaminck, André Derain, Georges Braque et Raoul Dufy ont tous été considérés comme des fauves à un moment ou l’autre de leur carrière. Ces images illustrent quelques mouvements :

    Auguste Renoir (1841-1919)
    Jeune fille au chapeau

    Vers 1890
    Huile sur toile
    41,5 x 32,5 cm
    MBAM, Achat, subvention du gouvernement du Canada
    en vertu de la Loi sur l'exportation et l'importation des biens
    culturels et aux dons de Mme A. T. Henderson, des familles
    de feue M. Dorothea Millar et de feue J. Lesley Ross,
    la Banque de Montréal, les Industries Redpath ltée
    et la Compagnie Trust Royal, à la mémoire
    de Huntly Redpath Drummond
    Paul Cézanne (1839-1906)
    La route tournante en Provence

    Vers 1866 ou plus tard
    Huile sur toile
    92,4 x 72,5 cm
    MBAM, legs Adaline Van Horne

  2. Qu’est-ce qu’un paysage ? (convient à tous les niveaux)
    L’art moderne a marqué une recrudescence d’intérêt pour les paysages chez les artistes. Revoyez avec vos élèves les divers genres en peinture. Les peintres peuvent choisir différents sujets ou genres ― paysages, natures mortes, portraits, peintures narratives ou abstraites. Présentez à vos élèves la notion de paysage. Demandez-leur ce qu’est un paysage. À l’aide d’une reproduction de paysage ou des images de la collection du Musée, présentez un vocabulaire de base : premier plan, deuxième plan, arrière-plan, perspective, ligne d’horizon. Demandez aux élèves de comparer les peintures reproduites en tenant compte des éléments suivants :

    • hauteur de la ligne d’horizon et la proportion ciel-terre ;
    • vue panoramique ou vue plus intime ;
    • composition établie sur des plans horizontaux ou recours à une diagonale suggérant de la profondeur ;
    • mise en valeur d’un élément au premier plan afin d’accentuer la perspective de l’œuvre ;
    • présence ou absence d’eau ;
    • présence de personnes ou d’un environnement bâti ;
    • rendu de la lumière par l’artiste et provenance de la source lumineuse ;
    • paysage vu à vol d’oiseau, depuis un point surélevé ou bien en contre-plongée ;
    • impression ressentie en regardant chacun des paysages.

    En examinant ces deux images, demandez à vos élèves de comparer les paysages à l’aide des points précédemment mentionnés.

    Alfred Sisley (1939-1899)
    Chemin de By au bois des Roches-Courtaut – Été de la Saint-Martin

    1881
    Huile sur toile
    59,1 x 81 cm
    MBAM, achat, fonds John W. Tempest
    Maurice de Vlaminck (1876-1958)
    Rueil près de Paris

    1912
    Huile sur toile
    65,1 x 81 cm
    MBAM, achat, fonds John W. Tempest
    © Succession Maurice Vlaminck / SODRAC (2010)

  3. Sculpture moderne : plusieurs degrés d’abstraction (convient à tous les niveaux)
    Le XXe siècle a vu déferler une vague de divers mouvements et approches artistiques, tels que ceux déjà mentionnés, et plus encore. En se détachant de plus en plus de la représentation de la nature, les artistes ont poussé toujours plus loin leurs expériences sur la couleur, les lignes et les formes, et sont arrivés à créer des tableaux plus subjectifs et parfois abstraits. Discutez avec vos élèves de la notion d’abstraction. On parle d’abstraction lorsque l’artiste s’éloigne d’une représentation fidèle de la réalité. Il peut y arriver soit en exagérant ou en simplifiant des formes vues dans la nature, et ce, à différents degrés. Le Musée possède une magnifique collection de sculptures du XXe siècle qui illustre ce propos. Par exemple, dans ces images, l’œuvre de Giacometti peut encore être interprétée comme étant un buste d’homme. L’artiste a toutefois réduit considérablement la largeur de la forme et allongé les proportions du personnage. Dans la sculpture de Lipchitz, pouvez-vous même reconnaître un personnage ? La forme humaine est rendue dans un style cubiste comme un jeu de blocs emboîtés, mais, en regardant attentivement, on peut voir un œil et un indice qui fait écho au titre : L’homme à la guitare.

    Pourquoi ne pas proposer une activité de sculpture à vos élèves ? Aux plus jeunes, vous pouvez demander quelle est la différence entre une peinture et une sculpture. Les jeunes enfants ont beaucoup de difficultés à saisir le concept de la tridimensionnalité. Dans ce cas, faites valoir le caractère autoportant d’une sculpture par rapport à l’aspect plat de la peinture qui nous oblige à l’accrocher pour la mettre en valeur. Demandez à un élève d’imiter une sculpture et de garder la pose pendant que ses camarades tournent autour de lui pour l’examiner. Vous pouvez même mettre en scène une peinture. Demandez-leur : si vous étiez une peinture et que quelqu’un voulait vous représenter, vous mettrait-il au milieu de la pièce ou vous accrocherait-il au mur ? Comment les spectateurs observent-ils une peinture : en marchant autour ou en la regardant de face ? À des élèves plus âgés, vous pouvez présenter le concept de bas-relief et de haut-relief.

    Demandez à vos élèves de réaliser deux sculptures à l’aide de pâte à modeler ou d’argile. Faites-les pratiquer avec une œuvre figurative représentant soit un animal ou un personnage. Ils pourront ensuite passer à une forme plus abstraite. Comme source d’inspiration, montrez-leur des images de sculptures du XXe siècle.

Alberto Giacometti (1901-1966)
Tête de Diego sur stèle I

1958
Bronze, 5/6
161,3 x 22,5 x 19,5 cm
MBAM, achat, legs Horsley et Annie Townsend, dons de Charles Bronfman et Phyllis
Lambert, Nahum Gelber, c.r., H. G. Hallward, M. et Mme Peter Laing, M. et Mme
Bernard Lamarre, Guy de Repentigny, M. et Mme Gershon Stern, la W. P. Scott
Foundation, M. et Mme Neil B. Ivory, et dons anonymes
© Succession Alberto Giacometti / SODRAC (2010)
Jacques Lipchitz (1891-1973)
L’homme à la guitare

1920 (fonte1972)
Bronze, édité en 7 exemplaires
52,8 x 27,2 x 25 cm
MBAM, achat, legs Horsley et Annie Townsend
© Succession Jacques Lipchitz


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