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Le verre selon Tiffany : la couleur en fusion


Pour se préparer à la visite


L’exposition Le verre selon Tiffany : la couleur en fusion comme son nom l’indique, introduit les visiteurs aux créations en verre de Louis Comfort Tiffany et de son équipe. Vitraux, vases, lampes, objets décoratifs sont autant d’œuvres qui témoignent de la diversité et de la richesse du travail de Tiffany. Cette magnifique exposition est une occasion en or d’introduire les jeunes à la fabrication du verre et des vitraux, et de les éveiller à certains concepts essentiels en histoire de l’art, comme la distinction entre arts décoratifs et beaux-arts.


1. LE VERRE AU QUOTIDIEN

Les objets suivants proviennent tous de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal.
Qu’ont-ils en commun?

Réponse :
Ils sont tous faits de verre! Depuis environ 2 000 ans avant notre ère, on utilise le verre pour fabriquer des objets utilitaires et décoratifs. Encore aujourd’hui, le verre entre dans la fabrication d’une multitude d’objets du quotidien, des lentilles de lunettes aux ampoules en passant par la vaisselle ou les fenêtres. On peut aussi utiliser le verre pour créer des œuvres d’art comme en témoignent les nombreux objets de la collection du Musée.

      
ÉGYPTE
Époque ptolémaïque (332 30
av. J. C.), Collier, Verre, 53 cm (long.),
MBAM, don de Harry A. Norton
       FRANCE
Gothique La Décollation de saint Jean Baptiste,
Vers 1275, Vitrail, 37,5 x 34,9 cm, MBAM,
don de Mlle Mabel Molson




      
Attribué à la Verrerie royale d'Orléans
Orléans, fondée en 1662, Pot trompeur,
Vers 1700, Verre, 21,4 x 13,5 x 9,9 cm,
MBAM, achat, fonds d'acquisition
des arts décoratifs
       Judith Schaechter (née en 1961), Sur la corde raide,
1997, Verre, peinture, peinture vitrifiée, cuivre,
zinc, 55,9 x 58,4 cm, MBAM, don,
collection Anna et Joe Mendel


Bien que le verre existe à l’état naturel (par exemple, on trouve des gisements près de certains volcans), la maîtrise de la technique de fabrication du verre fut très importante dans l’histoire de l’humanité. Les premiers objets fonctionnels en verre ont été créés en Égypte il y environ 4 000 ans. Pour fabriquer le verre, l’artisan a besoin de trois ingrédients essentiels : le sable, la soude et la chaux. Il doit chauffer ces trois matières à des températures très élevées afin de les rendre liquides. Il est alors capable de travailler le mélange pour lui donner différentes formes. Il peut aussi intégrer au verre en fusion des particules d’éléments divers pour le colorer : le souffre, par exemple, fait jaunir le verre alors que l’oxyde de fer le verdit. Utiliser le verre comporte plusieurs avantages : il est recyclable, polyvalent et il ne conduit pas l’électricité (c’est pourquoi on peut l’utiliser pour fabriquer des ampoules). Cependant, le verre est fragile, cassant et difficile à manipuler. Plusieurs techniques sont utilisées pour façonner un objet telles que le verre moulé et le verre soufflé comme en témoignent ces deux objets.

      
BASSIN MÉDITERRANÉEN ORIENTAL
Période classique, Aryballe, Fin VIe Ve s.
av. J. C., Verre sur noyau, décor au peigne,
6,4 cm (haut.), 5 cm (diam.), MBAM,
don de Harry A. Norton
       Vicke Lindstrand (1904-1983), Vase
(modèle LH 1181), Vers 1953, Verre soufflé,
Édité par Kosta Glasbruk, 28,2 x 16,7 x 8 cm,
MBAM, collection Liliane et David M. Stewart,
don de l'American Friends of Canada grâce
à la générosité de M. et Mme I. Wistar Morris III


On peut verser le liquide dans un moule pour obtenir des formes variées : c’est ce qu’on appelle le verre moulé. À l’époque romaine, on façonnait le moule en tassant du sable humide autour d’une tige de fer jusqu’à l’obtention de la forme voulue. Une fois la forme modelée, on appliquait des filaments de verre pour créer des motifs décoratifs. Ici, après l’application des filaments, l’artisan a utilisé un peigne pour obtenir le motif de zigzags. Une fois le vase terminé, il a ajouté les anses. Ce type de vase se nomme aryballe. Il a été inventé en Grèce antique et il contenait des huiles parfumées servant, notamment, à soigner les blessures des athlètes.

Le soufflage du verre est une technique aujourd’hui largement utilisée par les artisans et les industries pour la fabrication d’objets. Cette technique a été mise au point il y a plus de 2 000 ans (50 av. J.-C.) par les Phéniciens et les Syriens. Elle a l’avantage majeur de réduire le temps de production des objets, ce qui a rendu le verre plus accessible.

Pour souffler le verre, on utilise un tuyau creux, appelé la canne, avec lequel on extrait d’un creuset une petite quantité de verre en fusion (la paraison). On appelle cette opération le cueillage. L’artisan frotte ensuite le verre sur une surface plane, généralement en métal, pour le façonner. Au cours de cette opération, il souffle dans sa canne en la tournant de plusieurs façons pour obtenir la forme désirée qu’il peaufine ensuite à l’aide de différents instruments, comme des ciseaux ou une mailloche. Le verre peut aussi être soufflé dans un moule afin d’obtenir une forme précise : on parle alors de verre soufflé-moulé. Pour pouvoir modifier la forme du verre, celui-ci doit être chaud : c’est pourquoi le souffleur doit agir rapidement et souvent remettre la pièce dans le four pour obtenir la forme désirée. Il détache finalement la forme de la canne à l’aide d’une barre d’acier (le pontil), et la place dans un four à recuire pour la refroidir. Ce four, qui assure une température constante, est spécialement conçu pour permettre aux pièces de verre de refroidir graduellement et de conserver leur forme.



ACTIVITÉ :
Avec les jeunes, dressez une liste d’objets en verre utilisés dans leur vie quotidienne. Demandez-leur d’apporter un objet qui, selon eux, est fait en verre.
Comparez les objets entre eux.

— Lesquels sont des objets utilitaires?
— Lesquels sont des objets décoratifs?
— Lesquels sont à la fois utilitaires et décoratifs?
Comparez leur apparence, leur texture, leurs couleurs, leur transparence :
sont-ils tous fabriqués de la même façon?

 

2. LOUIS COMFORT TIFFANY : UN GRAND MAÎTRE DES ARTS DÉCORATIFS

Si le nom de Tiffany est aujourd’hui associé à un style particulier de lampes, avec un abat-jour fait en vitrail, il ne faut pas oublier que ce nom fut d’abord celui d’un créateur avant-gardiste actif dans des divers domaines. Louis Comfort Tiffany, après avoir obtenu un certain succès en tant que peintre, décida de se lancer dans la décoration d’intérieurs à la fin des années 1800 : il a ensuite mené une fulgurante carrière dédiée aux arts décoratifs, devenant un véritable touche-à-tout, explorant le métal et le verre pour obtenir toutes sortes d’effets inédits. Au cours de sa carrière, il a créé et supervisé la production d’une multitude d’objets qui vont des lampes aux vitraux, en passant par les bijoux, les vases et autres petits objets décoratifs.

    
Louis C. Tiffany (1848-1933), Vase à motif de
plume de paon, Vers 1898-1899, Verre soufflé,
Norfolk (Virginie), Chrysler Museum of Art,
gift of Walter P. Chrysler, Jr., Photo Chrysler
Museum of Art
     Louis C. Tiffany (1848-1933), Lampe avec
abat-jour à décor de cailloux, Vers 1898-1902,
Cailloux, plomb, bronze, Richmond, Virginia
Museum of Fine Arts, gift of Sydney and Frances
Lewis Collection, Photo Katherine Wetzel
© Virginia Museum of Fine Arts


L’exposition Le verre selon Tiffany réunit une foule d’objets différents entrant tous dans la catégorie des arts décoratifs. L’exposition est ainsi un bon moyen d’introduire les jeunes aux différences entre les beaux-arts et les arts décoratifs. Par beaux-arts, on entend généralement la peinture, la sculpture, le dessin et la gravure, c’est-à-dire des œuvres qui ne sont pas utilitaires. À l’opposé, les arts décoratifs désignent des objets qui sont à la fois utiles et beaux : c’est le cas, par exemple, des lampes de Tiffany, qui servent autant à éclairer une pièce qu’à l’égayer.


ACTIVITÉ :
Pour faire réaliser aux enfants la distinction entre les deux catégories, explorez la section de notre site décrivant les collections du Musée. Ici vous trouverez des objets appartenant aux catégories des arts décoratifs et des beaux-arts. Distribuez un « objet » par élève et placez deux bocaux dans la classe : laissez les élèves départager les objets en leur permettant de discuter afin de justifier leur choix. Rappelez-vous que la distinction est parfois difficile, voire impossible à faire : ainsi toutes les réponses bien justifiées peuvent être bonnes!

 

3. L'ART DU VITRAIL

L’exposition insiste particulièrement sur le travail du vitrail de Louis Comfort Tiffany. Elle est une occasion d’éveiller les jeunes à l’art du vitrail. On appelle vitrail toute structure composée de morceaux de verre soudés à l’aide de baguettes de métal (généralement du plomb ou du cuivre). Le terme vitrail s’applique donc aux fenêtres complètes, mais aussi aux objets faits à partir de cette technique, comme les lampes produites par Tiffany. Voici un exemple de vitrail tiré de la collection du Musée.

William Morris (1834-1896), Les anges musiciens,
1882, Verre coloré et peint, plomb, Édité par William
Morris and Company, 64,7 x 78,7 cm, MBAM,
don de la famille de David A. P. Watt


ACTIVITÉ :
Avec l’aide des élèves, dressez la liste des endroits où ils peuvent voir des vitraux. Discutez avec eux de l’utilité de ceux-ci : sont-ils seulement faits pour décorer, où peuvent-ils aussi servir à raconter une histoire? Servez-vous d’exemples afin d’illustrer des notions de base de l’histoire de l’art – référez-vous à la ressource pédagogique sur le langage de l’art, disponible gratuitement en ligne. Explorez votre quartier pour trouver des vitraux dans les maisons, les églises ou les bâtiments institutionnels de votre voisinage.


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