John Lurie

La poésie érotique de Hoog


Du 28 juin au 16 septembre 2007

La poésie érotique de Hoog

Dans le cadre de la onzième édition de la série ZONE LIBRE, le Musée des beaux-arts présente, du 28 juin au 16 septembre 2007, l’exposition La poésie érotique de Hoog qui réunit une cinquantaine d’œuvres sur papier de l’artiste américain John Lurie.

Musicien (membre du groupe The Lounge Lizards), acteur (il joua notamment dans Stranger than Paradise et Down by Law, de Jim Jarmush, ainsi que dans la série télévisée Fishing with John) et réalisateur de renom, John Lurie est également artiste plasticien. Restée jusqu’à tout récemment secrète, cette part de son œuvre n’en est pas moins profondément originale et troublante. Sexe, violence, désespoir et humour noir sont au programme. Tributaires d’une esthétique punk, les œuvres réunies dans l’exposition livrent une vision sombre, anticonformiste et ubuesque de la condition humaine et de la nature.

John Lurie a exposé pour la première fois à l’Anton Kern Gallery de New York en 2004. En 2006, le P.S.1 Contemporary Art Center de New York lui consacrait aussi une exposition. La poésie érotique de Hoog est sa première exposition dans un musée. Né en 1952 à Minneapolis, John Lurie vit et travaille à New York.

Stéphane Aquin, conservateur de l’art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal, est responsable de la série ZONE LIBRE.  Cette série, consacrée à des projets en art actuel, bénéficie du soutien de Pratt & Whitney Canada.

Le Musée des beaux-arts de Montréal bénéficie du soutien du Conseil des Arts du Canada pour sa programmation en art contemporain.

 

Sept questions pour John Lurie

 

À quel genre de questions aimez-vous répondre ?
Pas des questions comme celle-ci.

Vous peignez depuis plus de trente ans, mais il y a seulement cinq ans que vous avez décidé d’exposer. Pourquoi ?
Dans les années quatre-vingt, je peignais beaucoup et j’étais déjà connu par les Lounge Lizards, et par mes films et ceux dans lesquels j’avais joué. Je voyais des amis à moi, comme Basquiat, Schnabel et Clemente, qui recevaient des sommes indécentes pour leur travail. Il était trop tard, je ne pouvais plus exposer, car j’aurais eu l’air de prendre le train en marche, et d’une certaine manière de vouloir occuper tout le terrain – il fait de la musique, il réalise des films, il est acteur, et maintenant il peint –, il se prend pour qui, ce type ? Et puis j’ai été malade. J’étais très isolé, et j’ai commencé à peindre à plein temps. Mon ami James Nares est passé, il a vu la montagne de travail et il a dit : « Il faut que tu exposes. » Et il m’a mis en contact avec l’Anton Kern Gallery.

L’oiseau n’a vraiment pas de visage

Prévoyez-vous jouer dans d'autres films ?
Maintenant je ne joue que dans les films d'Abraham Zapruder.

Trouvez-vous plus amusant de peindre le règne animal plutôt que l’homme, et avez-vous un personnage favori, récurrent, dans vos peintures ?
Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne sais pas comment cela fonctionne. Je travaille dans une sorte d’état hypnotique, du moins quand les choses vont bien. Je ne reprends pas intentionnellement les mêmes personnages. Il y avait une espèce de petit singe dans Heureux comme un pénis qui est revenu souvent, mais dernièrement il avait disparu.

Quand donnez-vous un titre à vos peintures ?
Le titre me vient généralement quand l’œuvre est aux trois quarts achevée. Si je pars d’un titre, la peinture paraît forcée, sans vie. Mais les titres ne sont que des titres. Si les titres sont plus importants que les peintures, alors j’ai échoué lamentablement.

Croyez-vous que le fait de vivre à New York influence votre travail ?
Vous savez, je ne me plais plus beaucoup ici. Mes œuvres m’ouvrent des fenêtres.

Une dernière pensée, en conclusion ?
Toutes les pensées sont des conclusions.