Le Groupe des Sept : l’émergence d’un art nationalDu 3 octobre au 1 décembre 1996 L’automne est sans doute l’une des plus belles saisons au Canada, alors que la nature se pare de couleurs somptueuses, prélude au manteau de neige qui la couvrira pendant plusieurs mois. C’est à une célébration des paysages canadiens que nous conviait, dès le 3 octobre 1996, l’exposition Le Groupe des Sept : l'émergence d'un art national, présentée au pavillon Benaiah Gibb du Musée jusqu'au 1er décembre 1996. Organisée par le Musée des beaux-arts du Canada, cette manifestation soulignait le 75e anniversaire de la première exposition collective du Groupe des Sept qui avait eu lieu en mai 1920 à l'Art Gallery of Toronto. Le Groupe des Sept, dont les membres fondateurs furent Franklin Carmichael, Frank Johnston, Lawren S. Harris, A. Y. Jackson, Arthur Lismer, Frederick Varley et J.E.H. MacDonald, avait apporté une contribution majeure au développement de l'art canadien. Conscients de l'importance déterminante du milieu naturel sur le caractère des Canadiens, mus par un esprit à la fois nationaliste et idéaliste, les membres du Groupe célèbraient les forces de la nature. Explorant l'immensité du pays, de l'île aux Coudres aux montagnes Rocheuses et du lac Supérieur au Grand Nord, les artistes illustraient montagnes, rivières, lacs et forêts à travers les saisons. Si le paysage constituait leur sujet de prédilection, ils peignaient aussi cependant villes et villages. Afin de libérer l'art canadien de l'académisme qui prévalait alors et de développer un nouveau langage pictural, les artistes simplifiaient les formes, utilisaient des couleurs vives. Cependant, l'accueil réservé par le public au Groupe des Sept était réticent et les critiques d'art n'hésitaient pas à qualifier leurs oeuvres de barbouillage criard, [...] ramassis de couleurs déplaisantes... L'exposition Le Groupe des Sept : l'émergence d'un art national, qui était la première rétrospective de ces artistes depuis 1970, présentait 180 tableaux, dessins et aquarelles. Elle mettait l'accent sur les diverses expositions du Groupe des Sept depuis sa formation en 1920 jusqu'en 1931, deux années avant sa dissolution. Les oeuvres, qui avaient figuré dans chacune d'entre elles, y étaient accrochées avec des tableaux d'artistes non membres du groupe, qui furent néanmoins invités à exposer avec lui. Cette présentation originale de l'exposition permettait au visiteur de comparer l'évolution de l'oeuvre des Sept avec les travaux réalisés par leurs contemporains et leurs amis, comme Emily Carr et Edwin Holgate. L'exposition réunissait des oeuvres en provenance de 64 collections privées et publiques et certaines oeuvres n'avaient pas été exposées depuis les années 1920. Elle accordait une large place aux débats qui avaient entouré le Groupe et soulignait ses efforts pour parvenir à promouvoir l'art contemporain canadien au cours des années 1920 grâce à des expositions présentées au Canada et aux États-Unis. Le Groupe avait fait l'objet, en 1930, d'une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal, où il était de retour soixante-six ans plus tard. Cette exposition avait été organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts du Canada. La tournée à Ottawa, Toronto, Vancouver et Montréal avait été rendue possible grâce à l'appui de Chubb du Canada, compagnie d'assurance. Rosalind Pepall, conservatrice de l'art canadien au Musée des beaux-arts de Montréal était responsable de la présentation de l'exposition à Montréal, qui bénéficiait du soutien de la société Pratt et Whitney Canada.
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