Une exposition écoresponsable

Un design éconature pour l’exposition Grandeur nature


Pour la présentation de Grandeur nature : peinture et photographie des paysages américains et canadiens de 1860 à 1918, dans la foulée de cette thématique célébrant la nature, le Musée des beaux-arts de Montréal prend le virage vert tant au niveau de la scénographie et du mobilier écodesign que du catalogue de cette exposition.

L’écodesign est une démarche contemporaine qui applique les principes de prévention et d’anticipation des impacts environnementaux à toutes les étapes de production d’un projet. Elle tient compte de la capacité de réutilisation des matériaux – pour une exposition future par exemple –, de la distance liée à leur transport – en privilégiant des produits locaux–, ainsi que de la composition même des matériaux choisis – matière recyclée, peu transformée, biodégradable, non toxique.

« Au-delà de la recherche des historiens de l’art, comment rejoindre certaines valeurs qui nous sont communes? Cette question de la pertinence d’un projet dans son contenu académique, comme dans son interprétation actuelle, est à chaque fois essentielle, nécessaire et stimulante », selon la directrice, Nathalie Bondil. «  C’est pourquoi j’ai voulu travailler sur la signification de cette répartie contemporaine en adoptant une démarche esthétique et écologique très forte pour la scénographie comme pour le catalogue, et j’ai invité comme porte-parole Frédéric Back, un visionnaire qui a toujours placé son art au service de cette cause.  Bien sûr, le Musée veut s’engager à long terme et à tous les niveaux de l’institution ».

La scénographie
Afin de mettre en œuvre ce projet novateur, le Musée s’est adjoint la collaboration de plusieurs professionnels. En ce qui concerne la scénographie, deux firmes reconnues à l’échelle internationale ont accepté de relever le défi de l’écodesign : Atelier Big City de Montréal et molo de Vancouver.

Atelier Big City, établi depuis 1987, réunit trois architectes. L’équipe travaille à l’usage inventif de matériaux et d’assemblages. Pour la conception du mobilier de l’exposition, les matériaux recyclables ou réutilisables ont été priorisés et les méthodes d’assemblage sont pour la plupart mécaniques. Ces choix visent à limiter l’utilisation d’adhésifs et de matières toxiques et à réduire l’accumulation de déchets. Les constructions en bois sont composées en partie de MDF (fibre de moyenne densité) sans formaldéhyde. Par ailleurs, la masse de bois de construction utilisée est composée de 35 % de bois recyclé. Enfin, des matériaux utilisés lors d’expositions antérieures permettent aujourd’hui de créer à nouveau les décors des salles d’exposition. La peinture, quant à elle, est dépourvue de composés organiques volatils (COV) nocifs pour la qualité de l’air.

Molo, présent au MoMA et mondialement reconnu pour son travail s’inspirant de la nature, a élaboré le mobilier des aires de repos sur le parcours de l’exposition. On y trouve notamment les populaires softseating, ces bancs en papier à géométrie alvéolée fabriqués à partir de papier kraft non blanchi et contenant 50% de fibres recyclées. Leurs formes organiques et harmonieuses font écho à la scénographie de l’exposition en créant de véritables paysages intérieurs. Ce mobilier est 100% recyclable. D’autre part, sa légèreté et le fait qu’il soit pliable permettent de limiter les impacts environnementaux lors de son transport.

Le catalogue
En ce qui a trait au catalogue, deux partenaires assurent cette réalisation audacieuse, un défi dans le domaine de l’édition du livre d’art : orangetango a été chargé de sa conception graphique, et Transcontinental Litho Acme, de l’impression.

Acteur du virage vert, l’atelier de création orangetango participe à la tendance par son souci artistique écologiquement responsable. Sa démarche éthique s’inscrit dans un processus de valorisation des matériaux recyclés et d’utilisation de ressources locales. L’élaboration de la maquette du catalogue  dans une perspective d’écodesign prend ici tout son sens par la division du contenu en cahiers distincts, imprimés sur deux types de papier aux propriétés différentes, l’un brut composé à 100% de fibres post-consommation réservé aux textes, l’autre, dédié à la reproduction des œuvres et devant absorber moins d’encre, en contenant 30%.

Pour sa part, Transcontinental Litho Acme a élevé l’écodesign au rang de culture d’entreprise en préconisant la production à partir de matériaux recyclés, recyclables et non polluants. Plaques d’impression en aluminium, encres végétales et papiers certifiés FSC sont autant d’éléments entourant la fabrication de notre publication qui se conforment à des règles strictes de gestion saine de l’environnement. Le format d’impression du catalogue, qui permet de maximiser la feuille de presse, contribue également à réduire le gaspillage. Enfin, les mises en train rigoureuses et les contrôles fréquents effectués par du personnel qualifié préviennent les reprises et les pertes inutiles.

Afin de relever le défi qu’impose la multiplication des projets à préoccupation écologique, le Musée s’associe, et continuera à le faire, à des professionnels enthousiastes et imaginatifs.

 

Grandeur nature : une exposition carboneutre

Les émissions totales de carbone occasionnées par l’exposition « Grandeur nature » du Musée des beaux-arts de Montréal sont compensées grâce à des crédits de carbone équivalents provenant d’AbitibiBowater. Le bilan carbone de l’exposition a été calculé par Planetair, un service à but non lucratif offert par le Centre international Unisféra; il prend en considération les déplacements des visiteurs et des œuvres exposées, ainsi que la consommation d’énergie du hall d’exposition.

AbitibiBowater aspire à devenir une société carboneutre, c’est-à-dire qui réduit à zéro les émissions nettes de carbone par l’atteinte d’un équilibre entre la quantité de carbone libéré et une quantité équivalente de carbone piégé ou d’achats de crédits de carbone. AbitibiBowater a réduit de 31 % ses émissions de gaz à effet de serre par tonne métrique de papier produit (intensité) par rapport aux niveaux de 2000. Les émissions absolues, compte tenu des réductions de la capacité de production, ont été réduites de 52 % ou 2,8 millions de tonnes métriques d’équivalents CO2 par année.

AbitibiBowater produit une gamme étendue de papier journal, de papiers d'impression commerciale, de pâte commerciale et de produits du bois. Elle se classe au huitième rang mondial des fabricants de pâtes et papiers inscrits en bourse, possédant ou exploitant 23 usines de pâtes et papiers et 30 usines de produits du bois aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Corée du Sud. Commercialisant ses produits dans plus de 90 pays, la Société est l'un des plus importants recycleurs de vieux journaux et magazines au monde, et la totalité de ses terrains forestiers sous gestion sont certifiés conformes à une norme d'aménagement forestier durable par des experts indépendants.

Albert Bierstadt; Vallée de Yosemite; 1868; Huile sur toile; 137,8 x 184,2 cm; Oakland Museum of California; Gift of Miss Marguerite Laird in memory of Mr. and Mrs. P. W. Laird; Inv. A64.46
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